Dérive, 2019-2024
Installation vidéographique, sans son, sur écrans LCD
3min en boucle
Réalisée à partir de centaines d’images en circulation trouvées sur internet, qu’il s’agisse d’images de presse ou d’images amateur, Dérive expose la fragilité des hommes et des femmes traversant la mer, sans protection, en quête de liberté.
Ces images virtuelles, à la fois éphémères et présentes, sont noyées dans le grand nuage et disparaissent d’un clic de clavier. J’ai donc décidé de les reproduire en les imprimant sur papier japonais ce qui ajoute à leur fragilité. Puis, de les épingler très délicatement, un peu comme l’aurait fait un entomologiste, ne laissant voir qu’une partie de l’image, la partie la plus inquiétante ; les eaux turbulentes de cette mer qui menacent à tout instant ces gens démunis jusqu’à ce qu’un souffle nous révèle leur présence.
« L’ambiguïté même de Dérive est la condition de sa puissance. D’une part, ces images apparaissent comme pour disparaître dans l’imaginaire collectif. Alors, le poids de la réalité dont elles témoignent s’efface. D’autre part, elles composent ensemble un monument à la mémoire de centaines de personnes anonymes en danger et dont nous ne connaissons pas le sort. Alors, elles opposent une résistance à l’oubli qu’accélère la profusion des images en circulation sur nos écrans. »
Catherine Bédard, Les œuvres à joints vifs de Dominique Blain- Citation extraite du catalogue « Déplacements, éd. Skira ,2019









